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L’église Saint-Divitien
XIè, XIIIè et XIX siècles. Calcaire et granit
L’église est dédiée à Saint-Divitien, personnage peu connu qui aurait vécu dans l’entourage de Sainte Radegonde au XIème siècle. En 1090, Saulgé est le siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Bourg-Dieu à Déols (Indre). On ignore aujourd’hui si le prieuré était l’ancienne chapelle, devenue maison particulière, ou l’actuelle église paroissiale. Celle-ci est une construction romane très remaniée : la nef, autrefois charpentée, est couverte d’une voûte en berceau moderne. Le chœur est gothique, et la souche du clocher octogonal est ornée d’arcatures en partie cachées par la haute toiture refaite au XIXème siècle.
BAS RELIEF XIIème siècle – Pierre
Ce remploi, inséré à une date inconnue sur un mur extérieur du transept, représente un personnage nu, symbolisant une âme, inscrit dans une mandorle soutenue par deux anges. L’inscription précise : « Ranulfus ad astra elevatus nobi (lis a) gnetis proles », « Ranulfe descendant d’Agnès, élevé vers les astres ». Ce seigneur de Montmorillon, bienfaiteur de la Maison-Dieu, était vraisemblablement un personnage très pieux, que ses contemporains tendent à sanctifier en le représentant dans une mandorle. Longtemps considérée comme lieu céleste réservé aux personnes divines, la forme en amande s’ouvre aux humains de grande qualité religieuse à partir du XIIème siècle. Malgré son état, ce bas-relief montre une finesse d’exécution –ailes des anges et drapés des vêtements – qui l’apparente à la frise de l’Enfance du Christ de l’église Saint-Laurent à Montmorillon.
CLOCHE 1728 – Bronze.
Des trois cloches de bronze logées dans le clocher, la plus ancienne date de 1728 et a été restaurée en 2000. Une crucifixion et une Vierge à l’enfant ornent sa jupe, tandis que l’inscription de bénédiction est lisible sur la partie haute et plus étroite du corps : « l’an 1728 iay este benitte par Mre Jean Borde prestre et cure de Sauge et il étoit escri sur l’ancienne cloche lesus Sancta Maria Ora Pro Nobis que Melchior de Blon seigneur de Beaupuis fondateur en 1622 et iay pour parrain Mre Silvain Chevalier S.G.R. de Beaupuy et Sauge et iay pour maraine damoiselle Anne Fricon. » La signature semble être « ioseph iacob poincarez fait ».
SAINTE RADEGONDE Après 1870 – Bois de noyer polychrome.
Patronne du Poitou, Sainte Radegonde est fort vénérée dans de nombreuses paroisses et particulièrement dans l’église Saint-Divitien, peut-être, si l’on en croit la tradition, en raison de l’amitié que se portaient ces deux saints de l’époque mérovingienne. La statue aurait été réalisée par le menuisier Philippon après la guerre de 1870. Une dame de la paroisse avait fait le vœu d’offrir une statue à l’église pour remercier le ciel de la vie sauve de son fils revenu de la guerre. Or, il n’y avait point de sculpteur à Saulgé ; le jeune menuisier aurait donc exécuté cette Sainte Radegonde, dotée de ses attributs de reine et de religieuse, dans un simple morceau de noyer. La polychromie est réalisée à Montmorillon.
Voir la photo.
PEINTURES MURALES Seconde moitié du XIXème siècle.
Greffé sur un transept roman, le chœur est reconstruit au XIIIème siècle sur un plan carré. Sous l’épiscopat de Mgr Pie (1849-1880) ; des peintures ornementales sont réalisées dans l’ensemble de l’église. Peintes sur un badigeon blanc unifiant la surface murale, des frises géométriques sont réalisées sur les murs et des damiers colorés sur le fût des colonnes, des instruments liturgiques et symboles religieux sont disséminés dans les tableaux, et des rinceaux souples et d’une belle ampleur structurent l’espace de l’édifice.
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LA TENTATION DU CHRIST XIIème siècle – Pierre.
Deux chapiteaux de l’ancienne chapelle dite « le Prieuré » comportent des corbeilles très ouvragées. Dans la Tentation du Christ, le sculpteur a réuni dans une scène unique deux épisodes tirés l’un de l’évangile de Saint Luc (IV 1-13) et l’autre de celui de Matthieu (IV, 1-11). Le diable, gnome bossu au faciès caricatural, propose au Christ de changer la pierre en pain, et lui suggère de se jeter dans le vide pour prouver sa nature divine. Le Christ est figuré deux fois, dans les mandorles formant les angles, et repousse le tentateur. Dans la délivrance du premier apôtre, Saint Pierre est présent à deux reprises, dans les mandorles formant les angles. D’un côté, il est dans sa prison surveillée par deux soldats, et un ange lui commande de se rhabiller, tandis que de l’autre côté, il est entraîné par l’ange. Des inscriptions expliquent les scènes. Elles peuvent être datées de la première moitié du XIIème siècle. Les auteurs s’étant intéressés à ces œuvres y reconnaissent le travail d’artistes romans ayant contribué au décor des églises du bas limousin, telles celles de Vigeois et de Lubersac.
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